Bilan de compétences après un licenciement ou une rupture conventionnelle
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Vos droits CPF restent acquis après la rupture du contrat (article L. 6323-3 du Code du travail) et financent un bilan jusqu'à 1 600 €. Depuis le 2 octobre 2026, la participation de 150 € est due même par un demandeur d'emploi (Mon Compte Formation). En licenciement économique, le CSP commence par un prébilan.
Pouvez-vous faire un bilan après la fin de votre contrat ?
Oui : vos droits CPF restent acquis quand vous perdez votre emploi, et vous pouvez les utiliser pour un bilan de compétences (article L. 6323-3 du Code du travail). Service-public le rappelle : le CPF s’utilise tout au long de la vie active, y compris en période de chômage (fiche F10705). Le motif de la rupture ne change rien à ce droit.
Deux conditions s’appliquent au bilan financé par le CPF. Vous ne devez pas avoir eu de bilan financé par un organisme public ou mutualisé dans les cinq ans précédant votre demande (article D. 6323-6). Sont visés notamment le CPF, les OPCO, les régions et France Travail. Le CPF prend en charge 1 600 € au plus (article D. 6323-1 A), et seulement les heures d’accompagnement du prestataire. Tout le détail du financement figure sur la page financer son bilan avec le CPF.
Ce qui change selon le motif de la rupture
Le motif de la fin de contrat change surtout l’accompagnement auquel vous avez droit, pas votre accès au bilan par le CPF. Le tableau présente les principales situations.
| Situation | Accompagnement prévu | Place du bilan |
|---|---|---|
| Licenciement économique dans une entreprise de moins de 1 000 salariés, ou en redressement ou liquidation judiciaire | Contrat de sécurisation professionnelle (CSP), 12 mois au plus | Le parcours commence par un prébilan, une évaluation des compétences et une orientation (article L. 1233-65) |
| Licenciement économique dans une entreprise ou un groupe d’au moins 1 000 salariés | Congé de reclassement, 12 mois au plus, 24 en cas de formation de reconversion (article L. 1233-71) | Le congé débute, si nécessaire, par un bilan de compétences financé par l’employeur |
| Autre licenciement ou rupture conventionnelle | Inscription à France Travail, avec une allocation chômage possible selon vos droits | Bilan financé par votre CPF, avec une aide possible de France Travail |
Dans le congé de reclassement, l’employeur finance l’ensemble des actions, bilan compris (article L. 1233-71). Service-public précise que le bilan peut alors être réalisé en début de congé (fiche F3087). Après une rupture conventionnelle, vous pouvez percevoir des indemnités de France Travail si vous remplissez les conditions (fiche F19030).
Le contrat de sécurisation professionnelle : ce qu’il prévoit
Le CSP est un parcours de retour à l’emploi de 12 mois au plus. L’employeur doit le proposer en cas de licenciement économique dans une entreprise de moins de 1 000 salariés, ou en redressement ou liquidation judiciaire (service-public, fiche F13819). Il concerne les salariés en CDI. Vous disposez de 21 jours calendaires pour l’accepter, et ce délai ne peut pas être raccourci. Si vous acceptez, le contrat est rompu d’un commun accord à la fin de ce délai.
Pendant le CSP, vous percevez l’allocation de sécurisation professionnelle : 75 % du salaire journalier de référence avec au moins un an d’ancienneté, le montant de l’allocation chômage sinon (fiche F13819). Le parcours débute par une phase de prébilan, d’évaluation des compétences et d’orientation professionnelle, en vue d’élaborer un projet (article L. 1233-65 du Code du travail). Il comprend ensuite un accompagnement, des périodes de formation et des périodes de travail.
La loi parle de prébilan et d’évaluation des compétences, sans renvoyer au cadre du bilan de compétences de l’article L. 6313-4. Si un bilan complet vous paraît utile, parlez-en à votre conseiller : l’aide individuelle à la formation de France Travail est ouverte aux personnes en CSP (France Travail). Refuser sans motif légitime une action de reclassement ou de formation met fin au CSP (fiche F13819).
Financer votre bilan quand vous êtes demandeur d’emploi
Le CPF finance le bilan dans la limite de 1 600 €, et France Travail peut compléter ou financer le reste avec l’aide individuelle à la formation (AIF). Pour un bilan, la participation obligatoire de 150 € reste due même par un demandeur d’emploi, pour les demandes validées depuis le 2 octobre 2026 (Mon Compte Formation). Jusque-là, les demandeurs d’emploi en étaient exonérés. Le tableau résume les financements possibles.
| Financement | Ce qu’il couvre | Condition |
|---|---|---|
| CPF | Le prix du bilan, dans la limite de 1 600 € | Pas de bilan financé dans les cinq ans ; participation de 150 € |
| Aide individuelle à la formation (AIF) | Tout ou partie du bilan, ou le reste à charge | Projet validé par votre conseiller France Travail, cohérent avec votre projet personnalisé d’accès à l’emploi |
| Congé de reclassement | La totalité du bilan, payée par l’employeur | Licenciement économique dans une entreprise ou un groupe d’au moins 1 000 salariés |
Si vos droits ne suffisent pas, vous pouvez demander à France Travail, depuis Mon Compte Formation, de financer votre reste à charge (France Travail). Les cofinancements restent rares : un tiers financeur (employeur, OPCO, France Travail ou région) intervient dans environ 3 % des bilans validés depuis mars 2026. Le chiffre vient des données publiques de la Caisse des Dépôts analysées par Bifurcation (les chiffres du bilan). Les règles sont détaillées sur les pages bilan pour un demandeur d’emploi et reste à charge.
Quand faire le bilan ?
Vous pouvez commencer avant la fin de votre contrat, si les séances ont lieu hors de votre temps de travail : votre employeur n’a alors pas à en être informé (fiche F3087). Une rupture conventionnelle ne comporte pas de préavis, mais vous restez salarié jusqu’à la date de rupture fixée dans la convention (fiche F19030). En CSP, les mesures de reclassement sont proposées par France Travail (fiche F13819).
Après la rupture, inscrivez-vous à France Travail. Pour un demandeur d’emploi, le conseiller France Travail joue le rôle de premier niveau du conseil en évolution professionnelle (France Travail). Il peut vous aider à vérifier si le bilan est la bonne étape et à monter le dossier de financement.
Les précautions à prendre
Trois précautions évitent les mauvaises surprises : vérifier la règle des cinq ans, garder la main sur votre compte et ne pas confondre bilan et aide à la recherche d’emploi.
- Si un bilan vous a été financé par un OPCO, France Travail ou le CPF ces cinq dernières années, le CPF ne peut pas en financer un nouveau (article D. 6323-6).
- Tout démarchage au sujet de votre CPF est interdit (article L. 6323-8-1 du Code du travail) : ne donnez jamais vos identifiants, comme l’explique le guide sur les arnaques au CPF.
- Le bilan n’est ni une aide à la rédaction de CV, ni du reclassement externe (Mon Compte Formation) : pour la recherche d’emploi, appuyez-vous sur France Travail.
Si le bilan confirme l’envie de changer de voie, le guide reconversion professionnelle présente la suite. La page après le bilan décrit les démarches possibles une fois la synthèse remise.
Questions fréquentes
Le prébilan du CSP remplace-t-il un bilan de compétences ?
Pas forcément. La loi prévoit au début du CSP une phase de prébilan, d'évaluation des compétences et d'orientation professionnelle (article L. 1233-65 du Code du travail), sans renvoyer au cadre du bilan de compétences. Si vous souhaitez un bilan complet, parlez-en à votre conseiller France Travail.
Puis-je commencer mon bilan pendant le préavis ?
Oui. Si les séances ont lieu en dehors de vos horaires, votre employeur n'a pas à être prévenu ; si elles empiètent sur votre temps de travail, son accord est nécessaire (service-public, fiche F3087). Une rupture conventionnelle ne comporte pas de préavis, mais vous restez salarié jusqu'à la date de rupture.
De combien de temps dispose-t-on pour accepter le CSP ?
De 21 jours calendaires, à compter du lendemain de la remise du document d'information, et ce délai ne peut pas être raccourci. Pendant ce temps, France Travail peut vous recevoir en entretien d'information pour vérifier que vous pouvez en bénéficier et vous indiquer le montant de l'allocation (service-public, fiche F13819).
Mon ancien employeur doit-il financer mon bilan ?
Dans un congé de reclassement, oui : l'employeur finance l'ensemble des actions, bilan compris (article L. 1233-71 du Code du travail). Dans une rupture conventionnelle, la convention fixe les conditions de la rupture (service-public, fiche F19030) : c'est le moment d'aborder ce point avec lui.
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Sources
- Code du travail, article L. 6323-3 (droits CPF acquis en cas de perte d'emploi), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article L. 6323-2 (mobilisation du CPF par son titulaire), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
- Service-public.gouv.fr, « Compte personnel de formation (CPF) d'un salarié du secteur privé » (F10705), vérifié le 27 juin 2026, consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article D. 6323-6 (bilan financé par le CPF), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article D. 6323-1 A (plafond de 1 600 € pour un bilan), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
- Service-public.gouv.fr, « Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) » (F13819), vérifié le 6 août 2026, consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article L. 1233-65 (contenu du CSP), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article L. 1233-66 (proposition du CSP), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article L. 1233-71 (congé de reclassement), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
- Service-public.gouv.fr, « Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé » (F19030), vérifié le 26 juin 2026, consulté le 1er novembre 2026
- Service-public.gouv.fr, « Bilan de compétences d'un salarié du secteur privé » (F3087), vérifié le 2 avril 2026, consulté le 1er novembre 2026
- France Travail, « Bilan de compétences : et si c'était le bon moment pour faire le point ? », consulté le 1er novembre 2026
- France Travail, « L'aide individuelle à la formation (AIF) pour financer votre formation », consulté le 1er novembre 2026
- Mon Compte Formation, « Évolution des règles d'utilisation du CPF à compter du 2 octobre 2026 », consulté le 1er novembre 2026
- Mon Compte Formation, « Une participation financière obligatoire pour mobiliser vos droits CPF », consulté le 1er novembre 2026
- Mon Compte Formation, « Tout savoir sur le bilan de compétences », consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article L. 6323-8-1 (interdiction de la prospection des titulaires du CPF), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
Page mise à jour le 1er novembre 2026. Les règles de financement changent souvent : vérifiez votre situation sur les sites officiels cités avant de vous engager.