Bilan de compétences après un burn-out : quand et comment ?
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Un bilan de compétences peut aider à reconstruire un projet après un burn-out, mais ne soigne pas : le médecin traitant coordonne les soins (Haute Autorité de santé). Pendant un arrêt, il faut son accord écrit, transmis à la CPAM, et un bilan qui ne dépasse pas la durée prévue de l'arrêt (service-public).
Peut-on faire un bilan de compétences après un burn-out ?
Oui, quand votre état de santé vous permet de vous projeter, mais le bilan ne remplace pas les soins. La Haute Autorité de santé (HAS) indique que le syndrome d’épuisement professionnel « n’est pas une maladie caractérisée », mais qu’il demande une prise en charge médicale (HAS). Elle précise qu’un arrêt de travail est le plus souvent nécessaire et que le médecin traitant coordonne les soins.
Le bilan a un autre objet : faire le point sur ce que vous savez faire, sur vos aptitudes et sur ce qui vous motive, pour bâtir un projet professionnel (article L. 6313-4 du Code du travail). Il demande aussi un travail personnel entre les séances, que Mon Compte Formation conseille de ne pas sous-estimer. Le moment choisi compte donc autant que l’organisme.
Quel est le bon moment pour commencer ?
Le bon moment se décide avec votre médecin traitant, quand la fatigue ne vous empêche plus de réfléchir à votre avenir professionnel. Il varie d’une personne à l’autre, comme les manifestations du burn-out, que la HAS décrit comme très différentes selon les individus. Quelques repères à discuter avec votre médecin :
- vous pouvez rester concentré pendant un entretien et faire le travail qui le suit ;
- vous pouvez réserver du temps, chaque semaine, à un travail personnel entre les séances ;
- évoquer votre parcours professionnel ne vous met plus en difficulté ;
- votre médecin juge la démarche compatible avec vos soins.
La HAS recommande d’anticiper et de préparer le retour au travail (HAS). Un bilan peut nourrir cette préparation, surtout si un changement de poste ou de métier est envisagé.
Faire un bilan pendant un arrêt de travail : les règles
Un bilan pendant un arrêt de travail est possible à trois conditions (service-public, fiche F19300). Il faut l’accord écrit de votre médecin traitant, puis sa transmission à votre CPAM. Le bilan ne doit pas durer plus longtemps que l’arrêt prévu. Le tableau détaille les étapes.
| Étape | Ce que vous faites | À savoir |
|---|---|---|
| 1. Accord du médecin | Obtenir l’accord écrit de votre médecin traitant | Avant de commencer le bilan |
| 2. Transmission | Envoyer cet accord à votre CPAM, de préférence en recommandé avec avis de réception | La CPAM vérifie que le bilan ne dure pas plus que l’arrêt |
| 3. Décision | Recevoir l’accord de la CPAM | Elle peut aussi l’adresser à votre employeur et au médecin du travail |
| Pendant le bilan | Suivre les séances | Votre contrat reste suspendu, et vos indemnités journalières continuent si la procédure est respectée |
Sans cette procédure, le versement de vos indemnités journalières peut être interrompu (fiche F19300). Le guide sur le bilan pendant un arrêt maladie revient sur ces règles, et la page financer son bilan avec le CPF sur le financement.
Ce que le bilan peut faire, et ce qu’il ne fait pas
Le bilan vous aide à comprendre ce qui vous convient dans le travail et à construire un projet réaliste ; il ne traite ni l’épuisement, ni un conflit avec votre employeur. Le tableau sépare ce qui relève du bilan de ce qui relève d’autres professionnels.
| Le bilan peut | Le bilan ne peut pas |
|---|---|
| Faire l’inventaire de vos compétences, aptitudes et motivations (article L. 6313-4) | Soigner : c’est le rôle du médecin traitant, du psychiatre ou d’un psychologue formé (HAS) |
| Bâtir un ou plusieurs projets et tester leur réalisme (article R. 6313-4) | Résoudre un conflit avec votre employeur (Mon Compte Formation) |
| Recenser les conditions et les étapes de votre projet (article R. 6313-4) | Décider de votre aptitude à reprendre votre poste : le médecin du travail peut rendre un avis d’inaptitude (Entreprendre Service Public) |
| Vous remettre un document de synthèse, à vous seul (article L. 6313-4) | Servir de stage de bien-être ou de développement personnel (Mon Compte Formation) |
Le médecin du travail et la visite de préreprise
Si votre arrêt dure plus de 30 jours, vous pouvez demander une visite de préreprise au médecin du travail (Entreprendre Service Public, 18 juin 2026). Votre médecin traitant, le médecin-conseil de l’Assurance maladie ou le médecin du travail peuvent aussi la demander. À l’issue, le médecin du travail peut recommander des aménagements de poste, un reclassement ou des formations. La HAS recommande une ou plusieurs visites de ce type avant le retour au travail après un burn-out.
Deux règles sont utiles à connaître. Pour les arrêts prescrits depuis le 15 juin 2026, l’employeur est informé de l’organisation de la visite de préreprise (décret n° 2026-503 du 12 juin 2026). Vous pouvez vous y opposer. Après un arrêt d’au moins 60 jours pour maladie non professionnelle, une visite de reprise a lieu le jour de la reprise ou dans les 8 jours qui suivent.
Ce que votre employeur peut savoir
Le contenu de votre bilan reste confidentiel, mais votre employeur peut apprendre qu’il a lieu si vous le suivez pendant un arrêt. Pour un salarié du privé, les résultats et le document de synthèse ne sont communiqués à personne sans son accord, et le praticien est tenu au secret professionnel (article L. 6313-4 du Code du travail). La CPAM peut en revanche transmettre son accord à votre employeur et au médecin du travail (fiche F19300). Hors arrêt, un bilan financé par votre CPF et suivi hors temps de travail n’a pas à être signalé à votre employeur (service-public, fiche F3087).
Choisir un accompagnement adapté
Choisissez un rythme et un format compatibles avec votre récupération, et dites au praticien d’où vous partez dès le premier entretien. La phase préliminaire sert justement à analyser votre demande et à déterminer le format le plus adapté à votre situation (article R. 6313-4). Un bilan peut se faire en partie ou en totalité à distance, et il s’étale sur plusieurs semaines ou plusieurs mois (Mon Compte Formation).
Les critères pour comparer les organismes sont réunis dans le guide pour choisir son organisme, et le fonctionnement des séances en visio sur la page bilan à distance. Si le bilan débouche sur un changement de métier, le guide reconversion professionnelle présente les étapes suivantes.
Questions fréquentes
Faut-il parler de son burn-out à l'organisme de bilan ?
Vous n'y êtes pas obligé. La loi limite les informations demandées à celles qui ont un lien direct et nécessaire avec le bilan, auxquelles vous répondez de bonne foi (article L. 6313-4 du Code du travail). En parler dès la phase préliminaire aide toutefois le praticien à adapter le format et le rythme (article R. 6313-4).
Faut-il attendre la fin de l'arrêt pour commencer un bilan ?
Non. Vous pouvez commencer pendant l'arrêt avec la procédure prévue, ou après la reprise. Une fois au travail, un bilan suivi hors temps de travail ne demande pas l'accord de votre employeur ; sur le temps de travail, il le faut, et l'employeur a 30 jours calendaires pour répondre (service-public, fiche F3087).
Le bilan peut-il conclure que je dois quitter mon entreprise ?
Le bilan ne décide rien à votre place. Il construit un ou plusieurs projets et en recense les conditions et les étapes (article R. 6313-4 du Code du travail) ; vous restez libre de la suite. L'aptitude à reprendre votre poste relève du médecin du travail.
Un bilan à distance convient-il après un burn-out ?
Il peut convenir si vous êtes à l'aise en visio. Mon Compte Formation rappelle qu'un bilan peut se faire en partie ou en totalité à distance, à condition de vérifier vos équipements et votre disponibilité. La phase préliminaire sert à choisir avec le praticien le format le plus adapté à votre situation.
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Sources
- Haute Autorité de santé, « Burnout : repérage et prise en charge », consulté le 1er novembre 2026
- Haute Autorité de santé, « Burn-out : au-delà des débats, faire le bon diagnostic et proposer une prise en charge personnalisée », consulté le 1er novembre 2026
- Service-public.gouv.fr, « Un salarié en arrêt de travail peut-il suivre une formation ? » (F19300), vérifié le 26 novembre 2025, consulté le 1er novembre 2026
- Entreprendre Service Public, « Visites de préreprise et de reprise » (actualité du 18 juin 2026, décret n° 2026-503 du 12 juin 2026), consulté le 1er novembre 2026
- Service-public.gouv.fr, « Bilan de compétences d'un salarié du secteur privé » (F3087), vérifié le 2 avril 2026, consulté le 1er novembre 2026
- Mon Compte Formation, « Tout savoir sur le bilan de compétences », consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article L. 6313-4 (objet et confidentialité du bilan), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article R. 6313-4 (les trois phases du bilan), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article D. 6323-1 A (plafond de 1 600 € pour un bilan), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
- Code du travail, article D. 6323-6 (bilan financé par le CPF), Code du travail numérique, consulté le 1er novembre 2026
Page mise à jour le 1er novembre 2026. Les règles de financement changent souvent : vérifiez votre situation sur les sites officiels cités avant de vous engager.